La Brigade de recherches de Faidherbe a arrêté Ndiokhor Laye Mbengue le 25 octobre 2026, dans un appartement meublé aux Almadies, à Dakar. Cet escroc présumé, visé par un mandat d'arrêt international, était recherché depuis février 2026 pour une fraude immobilière d'un montant de 1 375 000 000 de FCFA, selon Senenews.
L'arrestation de cet homme, qui aurait séjourné successivement au Maroc, en Côte d'Ivoire, en Guinée et en Gambie avant de revenir se cacher au Sénégal, met un terme à huit mois de cavale. Elle intervient aussi dans le cadre d'une nouvelle enquête sur une fraude présumée de 300 millions de FCFA, soutirés de comptes Wave et Orange Money, précise Senego.
Une vente truquée aux Almadies montée de toutes pièces
Entre janvier et février 2026, une opération de vente portant sur un terrain de 1 247 m² situé aux Almadies avait été initiée. Elle impliquait l'acquéreur, Serigne Mbacké Kébé, gérant de la société One Plus One, un prétendu propriétaire, Lamine Ndiaye, et l'intermédiaire, Ndiokhor Laye Mbengue.
Le terrain avait été cédé devant notaire pour 1 375 000 000 de FCFA. La transaction, conduite par Mbengue avec la complicité présumée de Ndiaye, présentait une apparence de parfaite régularité. C'est là que réside toute l'habileté, et tout le danger, du stratagème.
L'enquête des gendarmes a révélé que l'ensemble des documents relatifs au terrain, présentés par Ndiaye au cabinet du notaire, étaient pour l'essentiel authentiques. Ces pièces étaient en tout point identiques et conformes à celles conservées auprès des services de la Conservation foncière et des Domaines. Même le certificat de mariage du véritable propriétaire avait été obtenu et remis à Mbengue.
La seule pièce manifestement falsifiée concernait la carte nationale d'identité produite lors de la transaction. Les éléments d'état civil qui y figuraient étaient conformes à ceux du véritable propriétaire ; seule la photographie avait été substituée pour faire correspondre l'identité de Lamine Ndiaye.
Des complicités suspectées dans les services publics
Ces éléments laissent fortement présumer l'existence de complicités au sein des services de la Conservation foncière ou des bureaux des Domaines. Comment expliquer autrement qu'un escroc se procure des documents authentiques ou des copies fidèles appartenant à un citoyen honnête ? La question mérite d'être posée avec insistance, car elle touche à la crédibilité de nos institutions foncières.
Les gendarmes ont découvert un élément encore plus troublant. Au moment de la transaction, Mbengue était sous bracelet électronique, après avoir été condamné définitivement dans une affaire presque similaire. Or, son bracelet a été frauduleusement ouvert le 21 janvier 2026, puis refermé vers 13 heures, à proximité immédiate des locaux du Centre de surveillance électronique.
Cet épisode, rapporté également par Seneweb, suggère un réseau structuré, capable de contourner les dispositifs de surveillance de l'État. L'ensemble de ces circonstances tend à démontrer que Mbengue n'a pas agi seul.
Que risque Ndiokhor Laye Mbengue ?
Le mis en cause est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie, faux et usage de faux en écritures publiques authentiques et dans des documents administratifs, blanchiment de capitaux et complicité d'évasion. Son complice présumé, Lamine Ndiaye, avait été arrêté en février 2026, déclenchant les recherches contre Mbengue.
Le parquet a ordonné une enquête supplémentaire. L'exploitation du matériel saisi lors de l'interpellation, ainsi que les investigations en cours, devraient permettre aux enquêteurs de préciser le rôle de Mbengue et l'implication d'éventuels complices dans les différentes affaires relevées.
Un signal fort pour la justice sénégalaise
Cette arrestation doit être saluée pour ce qu'elle est : la preuve que nos forces de sécurité poursuivent leur travail, malgré les moyens dont disposent les criminels. La cavale de Mbengue, passée par quatre pays avant un retour au Sénégal, montre aussi que le mandat d'arrêt international conserve toute sa force.
Mais l'affaire ne doit pas s'arrêter à la personne de Mbengue. Les complicités présumées au sein des services fonciers et la manipulation du bracelet électronique appellent des réponses claires. Le citoyen sénégalais doit pouvoir acheter un terrain sans craindre d'être dépouillé de plus d'un milliard de FCFA par des réseaux organisés.
La vigilance citoyenne reste de mise. Derrière chaque vente immobilière douteuse se cache parfois un système entier, nourri par des complicités internes qu'il faut dénoncer et sanctionner. La justice sénégalaise a frappé ; il faut maintenant qu'elle aille au bout de ses constats, jusqu'aux commanditaires et aux facilitateurs.
Questions fréquentes
Qui est Ndiokhor Laye Mbengue ?
C'est un escroc présumé, déjà condamné définitivement dans une affaire similaire et placé sous bracelet électronique, arrêté le 25 octobre 2026 aux Almadies après huit mois de cavale.
Quel montant a été soutiré dans la fraude immobilière ?
Le terrain des Almadies, d'une superficie de 1 247 m², a été cédé à Serigne Mbacké Kébé pour 1 375 000 000 de FCFA, selon l'enquête des gendarmes.
Quelle est la fraude de 300 millions de FCFA ?
Il s'agit d'une nouvelle enquête portant sur des fonds présumés soutirés de comptes Wave et Orange Money, dans laquelle l'arrestation de Mbengue s'inscrit également.
