Le jury de la deuxième édition du Prix national des Droits de l'homme privilégiera les actions concrètes et leur impact réel plutôt que la seule popularité des candidats, a annoncé son président, le professeur Abdoullah Cissé, vendredi 23 octobre 2026, au siège de la Commission nationale des droits de l'homme à Dakar.
« Nous allons nous baser sur les actions et les impacts, pas forcément sur la popularité », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d'installation des membres du jury, rapporte l'Agence de Presse Sénégalaise. Une orientation salutaire dans un pays où trop de distinctions finissent parfois par couronner des noms connus plutôt que des combats menés.
Une méthode exigeante au service de la crédibilité de la distinction
Le Pr Abdoullah Cissé, agrégé des facultés de droit et professeur titulaire des universités, a rappelé les principes qui guideront l'examen des candidatures : indépendance, impartialité, confidentialité et collégialité. Rien ne doit être laissé au hasard, ni à la complaisance.
« Il s'agit notamment de disposer d'une grille d'évaluation partagée, de procéder à une appréciation individuelle des dossiers, puis à une consolidation rigoureuse des résultats et à une délibération collective documentée », a-t-il détaillé.
Le président du jury a également préconisé de conserver les acquis méthodologiques de la première édition, tout en procédant aux ajustements nécessaires pour tenir compte des spécificités du thème retenu cette année. Cette continuité méthodologique est une garantie : elle protège le prix contre les improvisations et les pressions de circonstance.
Les droits des personnes handicapées au cœur de l'édition 2026
La deuxième édition du Prix national des droits de l'homme est consacrée à la consolidation des droits des personnes handicapées au Sénégal, sous le thème « Un engagement national pour l'égalité, la dignité et l'inclusion ».
Ce choix n'est pas anodin. Alors que le Sénégal affirme sa place de référence démocratique en Afrique de l'Ouest, la question de l'inclusion des personnes en situation de handicap reste un chantier où la parole doit se traduire en actes. Les droits de l'homme, ce concept à la fois philosophique, juridique et politique selon lequel tout être humain détient des droits inviolables, ne valent que s'ils protègent aussi les plus vulnérables.
La présence, au sein du jury, de Cheikh Saad-Bouh Diouf, conseiller du président de la République chargé des questions du handicap, traduit d'ailleurs l'attention du pouvoir à ce dossier. L'État sénégalais ne se contente pas de proclamer ; il institutionnalise.
Reconnaître celles et ceux qui agissent dans l'ombre
La présidente de la CNDH, Amsatou Sow Sidibé, a rappelé la finalité profonde de cette initiative. Le prix vise à « reconnaître et à encourager les personnes physiques, les organisations de la société civile et les organisations communautaires qui contribuent à la défense et à la promotion des droits humains, souvent dans l'ombre et au prix de lourds sacrifices ».
Cette phrase mérite d'être méditée. Dans notre pays, des femmes et des hommes se lèvent chaque jour pour défendre des victimes, accompagner des exclus, dénoncer des injustices, sans tribune ni micro. Le prix national vient leur dire que la nation voit ce qu'ils font.
Mme Sidibé a souligné que la distinction ambitionne de valoriser les engagements exemplaires en faveur de la prévention des violations des droits humains, de la protection des personnes et de la promotion de leurs droits. Elle a également exprimé sa volonté d'en faire un rendez-vous durable, organisé chaque année autour de la Journée internationale des droits de l'homme, célébrée le 10 décembre.
Des prix spéciaux de reconnaissance sont également prévus pour des personnalités dont les contributions à la cause des droits humains sont remarquables.
Un jury de sept membres aux profils complémentaires
Le jury est composé de sept membres. Le professeur Abdoullah Cissé le préside. La magistrate Aïssé Gassama Tall, directrice générale de la Protection judiciaire et sociale, en assure la vice-présidence.
Les cinq autres membres sont Cheikh Saad-Bouh Diouf, conseiller du président de la République chargé des questions du handicap ; Alassane Ndiaye, magistrat et conseiller spécial du Premier ministre ; Julien Ngan Ndour, magistrat et directeur des droits humains au ministère de la Justice ; Fatouma Diallo, directrice exécutive du Centre de recherche et d'action sur les droits économiques, sociaux et culturels et présidente du Comité des Nations unies pour les travailleurs migrants et les membres de leur famille ; ainsi que Seynabou Mbaye, présidente du Conseil sénégalais des femmes (COSEF).
Magistrats, universitaires, représentantes de la société civile : cette composition croise l'institution et le terrain. C'est précisément ce mélange qui peut empêcher le prix de devenir une simple cérémonie protocolaire.
La remise des distinctions prévue en décembre
La remise des distinctions est prévue en décembre prochain, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme, indiquent les organisateurs.
Citoyens, restons vigilants. Un prix ne vaut que par la rigueur de son évaluation et par la sincérité de ceux qui le décernent. En choisissant de juger l'impact plutôt que la notoriété, le jury du Pr Abdoullah Cissé a posé, dès son installation, un acte fort : au Sénégal, c'est le travail accompli qui compte, pas la réputation. C'est ainsi que se construit une nation digne.
Questions fréquentes
Quand sera remis le Prix national des Droits de l'homme 2026 ?
La remise des distinctions est prévue en décembre 2026, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme, célébrée le 10 décembre.
Quel est le thème de la deuxième édition du prix ?
Elle est consacrée à la consolidation des droits des personnes handicapées au Sénégal, sous le thème « Un engagement national pour l'égalité, la dignité et l'inclusion ».
Qui préside le jury du Prix national des Droits de l'homme ?
Le professeur Abdoullah Cissé, agrégé des facultés de droit et professeur titulaire des universités, préside le jury de sept membres. La magistrate Aïssé Gassama Tall en assure la vice-présidence.
Quels critères seront retenus pour évaluer les candidatures ?
Le jury privilégiera les actions concrètes et leur impact, selon une grille d'évaluation partagée, une appréciation individuelle des dossiers et une délibération collective documentée.
