Le défilé annuel de Victoria's Secret, suivi en direct par près d'un million de spectateurs sur YouTube, s'est tenu le 20 octobre 2026 en Californie, et le site suisse watson.ch en a fait une chronique sans filtre que l'on peut lire ici. Le show a réuni Bella Hadid, Adriana Lima, Gigi Hadid, Megan Thee Stallion et Tate McRae sous les plumes et les paillettes habituelles.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'événement dépasse largement le simple monde de la lingerie. C'est une machine industrielle, médiatique et culturelle, qui fabrique du rêve à coups de millions de dollars. Et pendant que le monde entier regarde des ailes d'ange, d'autres questions, plus terre à terre, méritent notre vigilance de citoyens.
Ce qui s'est passé sur le podium
La soirée s'est ouverte avec sept minutes de retard, un énième compte à rebours et les habituels discours d'introduction, raconte watson.ch dans sa chronique du défilé. Bella Hadid a ouvert le bal dans un décor de roses, suivie d'Adriana Lima, visiblement intacte par le temps, puis de Candice Swanepoel. La marque a mis en avant ses mannequins grande taille, une évolution réelle après des années de critique sur les canons de beauté imposés.
Côté musique, Megan Moroney a ouvert la partie country, Tate McRae a enchaîné avec une chorégraphie remarquable, avant que le groupe Katseye ne livre une synchronisation digne d'une formation de K-pop. Megan Thee Stallion a conclu la soirée. La réalisatrice du show a signé une production que même la chroniqueuse, partie avec un mauvais œil, a fini par trouver agréable.
L'ombre au tableau : Romee Strijd écartée
L'avant-première avait déjà fait parler. Romee Strijd, 31 ans, figure des défilés de 2014 à 2018, a révélé ne pas avoir été retenue. Elle a attendu des semaines une réponse tout en continuant à s'entraîner, avant de découvrir le refus. La marque assure de son côté avoir prévenu son agence dès le 6 septembre. Selon le compte rendu de watson.ch, quelqu'un, quelque part, visiblement, a oublié de transmettre le message.
Cet épisode dit beaucoup du traitement réservé aux travailleuses, y compris dans les industries du rêve. Une femme investit des semaines de travail, de discipline, d'espoir, et découvre son sort dans le flou le plus total. Chez Victoria's Secret comme ailleurs, la communication interne des ressources humaines laisse à désirer. Ce détail, en apparence anecdotique, mérite réflexion.
Le Sénégal face à cette culture spectacle
Que nous importe, dira-t-on, ce défilé de lingerie depuis Dakar ? Beaucoup, en réalité. Ces images circulent mondialement, façonnent les représentations, alimentent des standards de beauté et de consommation que nos jeunes générations absorbent chaque jour sur leurs téléphones. La force culturelle de ces industries est un fait, et l'ignorer serait une erreur d'analyse.
Le Sénégal, lui, construit sa propre voie. Notre pays porte une diplomatie active, une voix qui compte en Afrique, et une jeunesse créative qui n'a pas à consommer passivement les productions étrangères. Nos stylistes, nos mannequins, nos créateurs de mode existent et brillent. Le Dakar de la mode n'a rien à envier aux podiums californiens, à condition que nous soutenions nos talents avec la même énergie que nous manifestons parfois pour des causes importées.
L'empowerment marchand : de quoi parle-t-on ?
Victoria's Secret tente aujourd'hui de se racheter une conduite. Mannequins grande taille, femmes de tout âge, discours sur l'émancipation féminine : la marque manœuvre après des années de critiques. Waton.ch note elle-même, avec son ironie habituelle, que l'on sent bien qu'« il faudrait aussi célébrer quelque chose » entre deux paires de fesses.
Rien ne interdit de reconnaître les progrès. La diversité des corps sur ce podium 2026, avec des mannequins juste sorties de grossesse comme Barbara Palvin, marque une rupture avec l'époque où la maigreur extrême était la règle. Mais il faut appeler les choses par leur nom : il s'agit d'abord d'une stratégie commerciale. L'empowerment qui se vend reste un empowerment conditionné par le marché. Nos concitoyennes, nos associations, nos mouvements sociaux savent que la vraie justice sociale ne se défile pas sur un podium.
La vigilance citoyenne s'exerce aussi là : décoder les messages, refuser d'absorber sans recul les industries du rêve, et défendre en priorité ce qui se construit chez nous. Le Sénégal a les moyens culturels, artistiques et intellectuels de proposer ses propres récits, ses propres images, ses propres modèles.
Ce que le show révèle de notre époque
Un million de spectateurs simultanés sur YouTube pour un défilé de soutiens-gorge : voilà la mesure de la puissance de ces machines médiatiques. Alex Consani a même assuré que les ailes des anges sont « bien plus légères cette année ». Le progrès technique au service du spectacle, donc, pendant que les vraies questions sociales attendent.
La chroniqueuse de watson.ch avoue son verdict le plus vexant : avoir trouvé le show plutôt agréable. On la comprend. Le spectacle est efficace, la production léchée, les chorégraphies au point. Mais le plaisir consommé ne doit pas dispenser de l'analyse. Regarder, oui. Subir, non.
Foire aux questions
Quand a eu lieu le défilé Victoria's Secret 2026 ?
Le défilé s'est tenu le 20 octobre 2026 en Californie, avec un direct différé en pleine nuit pour les spectateurs européens.
Qui a défilé lors du show 2026 ?
Bella Hadid, Adriana Lima, Candice Swanepoel, Gigi Hadid, Barbara Palvin et Alex Consani ont figuront parmi les mannequins, avec des performances de Megan Moroney, Tate McRae, Katseye et Megan Thee Stallion.
Pourquoi Romee Strijd a-t-elle fait les gros titres ?
La mannequin a révélé ne pas avoir été retenue pour le défilé 2026 après des semaines d'attente, alors que la marque affirme avoir prévenu son agence le 6 septembre.