Depuis le 2 novembre 2026, les transferts d'argent entre particuliers effectués via le PI-SPI sont gratuits jusqu'à 8 000 FCFA par jour et par utilisateur. Une règle qui change la donne pour les clients de Wave, habitués à débourser environ 1 % sur chaque envoi.
L'Avis n°0019 du 2 octobre 2026 de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a fixé ce nouveau cadre. Le nombre d'opérations n'est pas limité : un usager qui envoie 2 000, puis 3 000, puis 2 500 FCFA dans la même journée, soit 7 500 FCFA au total, ne paie rien. Selon le décryptage de Senenews, ce seuil couvre environ 75 % des transactions de monnaie électronique de l'Union, soit trois opérations sur quatre.
Ce que la BCEAO a décidé pour les transferts d'argent
Le régulateur ne s'est pas contenté de plafonner les frais. Au-delà de 8 000 FCFA de cumul quotidien, les établissements peuvent facturer l'envoi, mais dans une limite stricte : 0,8 % du montant hors taxes de l'opération. Sur un transfert de 10 000 FCFA, la facture ne peut donc pas dépasser 80 FCFA hors taxes. La réception d'argent reste gratuite.
L'avis impose aussi une obligation de fond : toutes les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l'UEMOA doivent désormais passer par le PI-SPI. Le plafond des avoirs électroniques passe dans le même temps de 2 à 4 millions de FCFA.
Ce n'est pas un détail technique. C'est la fin d'un archipel de portefeuilles qui communiquaient mal entre eux, au détriment des Sénégalais les plus modestes, ceux qui envoient de petits montants à la famille restée au village ou dans un quartier voisin.
Wave rattrapé par le coût de sa commission
Pour Wave, l'enjeu est direct. L'opérateur a bâti son succès sur une commission d'environ 1 % prélevée sur chaque envoi. Or, pour les transferts vers les autres opérateurs et les banques, le PI-SPI plafonne les frais à 0,8 % au-delà de 8 000 FCFA et les supprime en dessous.
L'écart est net sur les petits montants, qui constituent l'essentiel des usages quotidiens. Un client qui envoie 5 000 FCFA à un parent détenteur d'un compte chez un autre opérateur ne devrait, en principe, rien payer via le PI-SPI, contre environ 50 FCFA avec la tarification habituelle de Wave. Sur 20 000 FCFA, la différence se resserre : 160 FCFA au maximum avec le plafond du PI-SPI, contre environ 200 FCFA à 1 %.
Un paradoxe tarifaire qui interroge
Reste une inconnue de taille : la grille que Wave appliquera réellement à ses clients. L'opérateur a rejoint la plateforme après l'échéance du 30 septembre, mais n'a pas encore détaillé publiquement ses tarifs pour les envois vers les autres établissements. Début novembre, des utilisateurs signalaient que la fonctionnalité n'apparaissait pas encore dans leur application.
Dakaractu a documenté cette situation en parlant d'un « paradoxe tarifaire » : un client pourrait payer pour envoyer de l'argent à un autre utilisateur Wave, alors que les transferts entre particuliers sont gratuits sur le PI-SPI. Les transferts entre deux comptes Wave, qui ne passent pas par l'infrastructure de la BCEAO, ne sont pas concernés par les nouvelles règles. Leur tarification reste à la main de l'opérateur.
Wave a confirmé son ralliement à la plateforme, sans s'engager sur un calendrier tarifaire précis. Financial Afrik rapporte que l'opérateur présente l'interopérabilité et le relèvement des plafonds comme « de nouvelles possibilités » pour ses utilisateurs, conformément à sa mission de rendre les services financiers plus accessibles à tous. La communication est habile. Elle ne dit pas un mot du prix.
Une bataille pour le pouvoir d'achat des Sénégalais
Il faut mesurer ce que ces transferts représentent dans la vie quotidienne. Au Sénégal, envoyer 2 000 FCFA à une tante malade ou régler la scolarité d'un neveu se fait désormais au téléphone, en quelques secondes. Chaque franc prélevé sur ces gestes pèse sur des ménages qui comptent.
La BCEAO, en imposant la gratuité sous 8 000 FCFA et un plafond de 0,8 % au-delà, a tranché en faveur de l'usager. C'est une décision de justice sociale, et il faut le dire sans détour. Elle ne règle pas tout : la réception reste gratuite, mais les opérateurs gardent la main sur les transferts internes à leur propre réseau, et sur la tarification des retraits.
La vigilance citoyenne s'impose donc sur un point précis : ce que Wave facturera concrètement à ses clients pour un envoi vers Orange Money, MTN, Moov ou une banque. Les usagers ont tout intérêt à vérifier les frais affichés avant de valider une opération, et à comparer avec le plafond fixé par la Banque centrale. Un prestataire qui facturerait au-delà de 0,8 % hors taxes sur un transfert interopérable de plus de 8 000 FCFA se mettrait en faute.
Ce qu'il faut retenir sur le PI-SPI
- Gratuité de l'envoi jusqu'à 8 000 FCFA cumulés par jour et par prestataire, sans limite du nombre d'opérations.
- Plafond de 0,8 % hors taxes au-delà de ce seuil, réception toujours gratuite.
- Passage obligatoire par le PI-SPI pour toutes les transactions interopérables de l'UEMOA.
- Plafond des avoirs électroniques relevé de 2 à 4 millions de FCFA.
- Transferts entre deux comptes Wave non concernés.
Questions fréquentes
Les transferts Wave vers Orange Money sont-ils gratuits ?
En principe oui, tant que le cumul quotidien des envois via le PI-SPI ne dépasse pas 8 000 FCFA. Au-delà, les frais sont plafonnés à 0,8 % hors taxes. Wave n'a toutefois pas encore publié sa grille pour les envois vers les autres opérateurs.
Combien coûte un envoi de 10 000 FCFA via le PI-SPI ?
Les frais ne peuvent pas dépasser 80 FCFA hors taxes, soit 0,8 % du montant. La réception reste gratuite pour le destinataire.
Les transferts entre deux comptes Wave sont-ils concernés ?
Non. Ces opérations ne passent pas par l'infrastructure de la BCEAO. Leur tarification demeure à la main de l'opérateur, qui prélève environ 1 % sur chaque envoi.
Depuis quand la mesure s'applique-t-elle ?
Depuis le 2 novembre 2026, en application de l'Avis n°0019 du 2 octobre 2026 de la BCEAO.
