Le maire de Thiadiaye, El Hadji Omar Youm, a saisi la gendarmerie, jeudi 29 octobre 2026, pour obtenir l'arrêt total des travaux entrepris sur le terrain de basket de la localité par le député Papa Djibril Fall, au motif qu'ils ont été engagés sans autorisation préalable de l'autorité communale.
C'est un bras de fer de plus en plus tendu qui se joue dans la commune de Thiadiaye, dans le département de Mbour. Selon les informations recueillies par DAKARACTU.COM, l'édile a adressé une correspondance officielle, référencée N° 023/26/COM-THIA, au commandant de la brigade de gendarmerie de Thiadiaye pour demander l'arrêt des travaux initiés par le parlementaire sur le terrain de basket, dénonçant des travaux entrepris « sans aucune autorisation préalable de l'autorité locale compétente ». Une ampliation de la lettre a été envoyée au sous-préfet de l'arrondissement de Sessène.
L'État de droit communal, pas la susceptibilité personnelle
Dans un communiqué, Omar Youm a tenu à balayer d'emblée toute lecture politicienne de sa démarche. Il rejette l'idée que cette affaire relèverait d'une susceptibilité personnelle ou d'une opposition frontale à une initiative en faveur de la jeunesse. Et il y a là une leçon de gouvernance que les citoyens doivent retenir : la loi ne se plie pas aux humeurs, elle s'applique à tous.
Le maire rappelle d'ailleurs que sa municipalité porte déjà un projet de réalisation de deux infrastructures sportives, un terrain de basket-ball et un terrain de handball, dont le marché a été lancé. La volonté de contribuer au sport local, écrit-il en substance, est louable, mais elle ne saurait justifier des travaux engagés sans concertation préalable avec la municipalité.
« Une intention, si généreuse soit-elle, appelle une démarche responsable », fait-il valoir, estimant que toute construction sur un espace communal doit tenir compte des exigences de sécurité, des règles de construction et du plan d'aménagement prévu.
Un terrain spontané appelé à être restructuré
Au-delà de la question des autorisations, le premier magistrat de Thiadiaye avance un argument technique de poids. L'actuel terrain de basket, qu'il affirme avoir déjà réfectionné, résulte d'un aménagement spontané et sommaire, toléré pour permettre aux jeunes de pratiquer leur discipline. Or le site se trouverait dans une zone nécessitant une restructuration, notamment pour fluidifier la circulation et la mobilité dans le quartier.
Des constructions durables engagées sans concertation compromettraient donc la réorganisation de cet espace. Le maire défend une approche globale de l'aménagement urbain, dans laquelle les infrastructures sportives doivent cohabiter harmonieusement avec les voies de circulation et les habitations.
Le mécénat accepté, à condition de respecter la règle
Point essentiel à ne pas occulter : Omar Youm ne ferme pas la porte au député. Il affirme au contraire saluer l'engagement des bonnes volontés et des partenaires désireux de contribuer au développement de la commune. Mais il pose ses conditions, et elles sont salutaires : un échange préalable avec la municipalité, le choix d'un emplacement approprié, l'examen du projet par les services compétents et l'obtention des autorisations requises.
Le message est clair et il honore l'office de maire : le patrimoine communal appartient à l'ensemble de la population et son aménagement doit obéir aux mêmes règles pour tous, indépendamment des moyens financiers, de la notoriété ou de l'appartenance politique des initiateurs d'un projet.
Que devient la demande adressée à la gendarmerie ?
Dans sa lettre, le maire sollicite l'intervention de la gendarmerie pour que soient prises les mesures relevant de ses compétences en vue de procéder à « l'arrêt total des travaux, et ce, jusqu'à nouvel ordre ». La suite dépendra désormais de la réponse de la brigade, comme de la saisine du sous-préfet de Sessène.
L'affaire pose une question qui dépasse largement Thiadiaye : comment concilier les initiatives privées en faveur du sport avec les prérogatives des municipalités en matière de gestion du domaine communal ? D'un côté, la jeunesse a besoin d'infrastructures durables. De l'autre, l'autorité locale entend garantir la cohérence des projets d'aménagement.
Dans son communiqué, El Hadji Omar Youm affirme que sa porte reste ouverte au député Papa Djibril Fall pour examiner les modalités d'une éventuelle contribution au bénéfice des jeunes.
À Thiadiaye, le terrain de basket est devenu le point de cristallisation d'un débat plus large sur la gouvernance locale et la place des initiatives privées dans le développement des infrastructures publiques. Les citoyens doivent y être vigilants : c'est la règle commune, et non l'argent ou la notoriété, qui fait la grandeur d'une commune.
FAQ
Pourquoi le maire de Thiadiaye a-t-il saisi la gendarmerie ?
Omar Youm demande l'arrêt total des travaux engagés par le député Papa Djibril Fall sur le terrain de basket, au motif qu'ils ont été entrepris sans autorisation préalable de l'autorité locale compétente.
Le maire est-il opposé au mécénat ?
Non. Il affirme saluer les initiatives privées en faveur de la jeunesse, à condition qu'elles soient précédées d'une concertation avec la municipalité et qu'elles respectent les règles d'aménagement.
Quelle est la suite possible du dossier ?
La gendarmerie doit se prononcer sur la demande d'arrêt des travaux, et le maire a indiqué que sa porte reste ouverte au député pour examiner une contribution au bénéfice des jeunes.
