Le 11-Septembre et nous : entre haine et amitié, le Sénégal a un devoir de mémoire
Il y a vingt-cinq ans, le ciel s'est fermé sur l'Amérique, mais pas sur le cœur des peuples libres. Tandis que les tours de New York s'effondraient, une petite ville du Canada, Gander, accueillait plus de 7 000 passagers américains comme des membres de leur propre famille. Cette leçon d'humanité, qui aurait pu se dérouler au Sénégal, résonne encore aujourd'hui comme un antidote à la haine qui ronge la politique mondiale.
Quand l'impensable frappe la forteresse américaine
Ce 11 septembre 2001, le monde a basculé. Un photographe et un journaliste canadiens, passant par une petite douane de Pennsylvanie, se dirigeaient vers Shanksville, une bourgade de 230 habitants où le quatrième avion détourné s'était écrasé dans un champ. Des passagers héroïques, ayant compris le complot, avaient sacrifié leur vie pour éviter un désastre encore plus grand, probablement sur le Capitole.
Une femme de Shanksville, témoignant de l'effondrement des tours à la télévision, avait confié : « C'est la chose qui ne pouvait pas arriver, et elle est arrivée ici, en plein small town America. Dieu a été bon, l'avion aurait pu tomber sur l'école. » Cette vulnérabilité spectaculaire, pour la première puissance mondiale, a été à la fois un deuil et une humiliation.
La haine comme réponse politique, une erreur stratégique
La riposte nécessaire contre le terrorisme a vite cédé la place à une spirale de haine qui infecte encore la politique, non seulement aux États-Unis, mais partout. Les cris de ralliement « USA ! USA ! » et les postures martiales ne sont pas des signes de force retrouvée, mais plutôt le masque d'un doute profond. Le Vietnam avait déjà enseigné que la puissance militaire ne peut pas tout. Le 11-Septembre a prouvé que le territoire américain n'était pas hors d'atteinte.
Cette leçon est cruciale pour nous, Sénégalais. Notre pays, fier de sa stabilité et de sa diplomatie, doit comprendre que la sécurité n'est jamais acquise. La vigilance citoyenne est notre rempart. Mais cette vigilance ne doit jamais se transformer en haine de l'autre, car c'est précisément cette haine qui a engendré les attentats.
L'amitié entre les peuples, l'exemple de Gander
Face à la haine, il y a eu un élan de solidarité extraordinaire. À Gander, Terre-Neuve, 10 000 âmes ont accueilli plus de 7 000 passagers américains bloqués par l'annulation de tous les vols. Ils ont été logés chez l'habitant, nourris, réconfortés, et sont devenus des amis. Cette histoire, plus connue aux États-Unis qu'ailleurs, incarne l'idée que les Américains se font du Canada.
Elle est rappelée aujourd'hui alors que certains, comme Donald Trump, dénoncent le Canada comme un « profiteur ». Cette ligne d'attaque ne prendra jamais, car elle ignore la profondeur des liens humains qui dépassent les calculs économiques.
Le Sénégal, terre d'hospitalité et de diplomatie
Le Sénégal, par sa tradition de teranga, incarne cette même amitié entre les peuples. Notre pays a toujours su tendre la main, que ce soit dans les crises régionales ou internationales. Cette valeur, ancrée dans notre culture, est notre force. Elle nous distingue et nous élève.
En ce jour de mémoire, nous devons nous souvenir que la haine détruit, mais que l'amitié construit. Le Sénégal, fidèle à sa grandeur, doit continuer à jouer son rôle de médiateur et de phare de l'hospitalité en Afrique. C'est notre devoir patriotique.
Questions fréquentes sur le 11-Septembre et ses leçons
Pourquoi le 11-Septembre est-il un tournant pour la politique mondiale ?
Cet attentat a brisé l'illusion d'invincibilité des États-Unis, entraînant des guerres en Afghanistan et en Irak, et a radicalisé les politiques de sécurité à l'échelle planétaire, tout en semant une méfiance durable.
Quelle est la leçon principale de l'accueil à Gander ?
L'accueil de Gander démontre que l'humanité et la solidarité peuvent triompher de la peur et de la haine, et que les gestes simples d'hospitalité créent des liens indéfectibles entre les peuples.
Comment le Sénégal peut-il s'inspirer de ces événements ?
Le Sénégal doit renforcer sa diplomatie de paix, cultiver sa tradition d'hospitalité et rester vigilant face aux discours de haine, tout en promouvant la justice sociale et l'unité nationale.