Lekjaa défie ses détracteurs : « Le stade de Tiznit sera construit, quoi qu'il arrive »
Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, également président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et figure du Parti authenticité et modernité (PAM), a répondu avec fermeté à ceux qui l'accusent d'utiliser le sport comme tremplin électoral. Dans une déclaration au quotidien Assabah, reprise dans son édition du vendredi 11 septembre, il a assuré que tous les projets de stades lancés ou programmés seront menés à terme, indépendamment du sort de son parti aux législatives du 23 septembre.
« Je suis de la trempe des responsables qui, quand ils avalisent un projet sportif sérieux, celui-ci ne doit souffrir aucun retard dans sa réalisation, et ce, sans tenir compte de l'appartenance partisane ou de l'approche ou non des élections », a martelé Lekjaa. Une sortie qui intervient alors que des dirigeants de partis alliés, notamment au sein du Rassemblement national des indépendants (RNI) et, dans une moindre mesure, de l'Istiqlal, expriment ouvertement leurs inquiétudes. Selon Assabah, ces formations, pourtant alliées du PAM, redoutent que le succès populaire de Lekjaa ne profite électoralement qu'à son seul parti, et qu'il ne soit appelé à diriger le futur gouvernement.
Un engagement pris devant les populations de Tiznit
Lors d'une tournée du PAM à Tiznit, les habitants ont interpellé Lekjaa au sujet du stade de leur ville, alors que le club local vient d'accéder à la Botola Pro 1, l'élite du football marocain. Sa réponse a été sans équivoque : « Même si cette question est liée ou non à la politique, ou que le PAM gagne ou pas, le stade de Tiznit sera réalisé. » Une promesse qui vise à dissiper tout soupçon de clientélisme électoral, mais qui confirme surtout la détermination du ministre à inscrire son action dans la durée.
Des ambitions sportives qui dépassent les clivages partisans
À Bouznika, toujours dans le cadre des activités du PAM, Lekjaa a tenu à rappeler que les résultats sportifs obtenus sous sa houlette relèvent d'un « devoir national ». Il a toutefois exprimé sa déception après l'élimination des Lions de l'Atlas en quarts de finale de la Coupe du monde 2026 face aux Coqs français, alors qu'il visait une place en finale. « Ce n'est que partie remise », a-t-il promis, annonçant que le Stade Hassan II de Benslimane accueillera la finale de la Coupe du monde 2030, avec l'espoir de voir le Maroc y participer.
« Je suis de la trempe des responsables qui, quand ils avalisent un projet sportif sérieux, celui-ci ne doit souffrir aucun retard dans sa réalisation. »
Une gestion qui interpelle au-delà des frontières marocaines
Cette affaire, bien que marocaine, résonne singulièrement au Sénégal. Elle met en lumière la question de l'instrumentalisation des infrastructures sportives à des fins politiques, un débat qui traverse également nos contrées. Alors que le Sénégal s'apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse en 2026, la vigilance citoyenne s'impose pour que ces projets d'envergure servent l'intérêt général et non des ambitions personnelles ou partisanes.
La position de Lekjaa, qui consiste à garantir la réalisation des projets indépendamment des aléas électoraux, est un signal fort. Elle rappelle que la grandeur d'une nation se mesure aussi à sa capacité à tenir ses promesses, même lorsque le vent politique tourne. Une leçon que nos dirigeants, à tous les niveaux, feraient bien de méditer.