Le CICR transfère au Liban cinq civils libérés par Israël : un pas vers la paix
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé vendredi avoir transféré au Liban cinq nouvelles personnes relâchées par Israël, au lendemain de la libération d'un premier civil. Cette opération, la première du genre depuis le début des négociations en avril sous l'égide des États-Unis, marque une avancée notable dans un conflit qui a trop longtemps meurtri la région.
Beyrouth avait exigé lors de la dernière session de pourparlers en août la libération d'un premier groupe de ses ressortissants capturés dans le sud du Liban, où l'armée israélienne est en guerre contre le Hezbollah pro-iranien. Leur nombre est estimé par leurs proches à une trentaine, parmi lesquels des combattants du mouvement islamiste.
Une opération humanitaire saluée par les parties
« À la demande des parties concernées, le CICR a facilité le transfert vers le Liban de cinq personnes libérées », a indiqué l'organisation internationale dans un communiqué, une source militaire israélienne confirmant l'opération. Il s'agit de trois Libanais et deux Syriens, a précisé à l'AFP un responsable libanais qui a requis l'anonymat.
Le convoi, parti de la zone occupée par Israël dans le sud du Liban, s'est rendu au barrage de l'armée libanaise à Amiriya, qui marque le début de la zone tenue par les autorités de Beyrouth, a constaté un correspondant de l'AFP.
Des citoyens, reconnaît Israël
Mahmoud Ayache a accouru sur place dès qu'il a été prévenu de la libération de son frère, Hussein, porté « disparu pendant près de deux mois et vingt jours ». « Il vient de nous appeler via le CICR pour nous annoncer qu'il allait être relâché (...), ce que je ressens est indescriptible », confie-t-il à l'AFP.
Interviewé par un média local, Hussein Ayache raconte avoir été appréhendé en juin par « 20 ou 30 soldats israéliens » alors qu'il circulait sur une route « déserte » à Kfartebnit (sud), où il était rentré à la faveur d'une trêve après avoir été déplacé par la guerre. « Suffisamment lucide » pour obéir aux ordres, il dit avoir été transféré dans une prison en Israël pour y être interrogé après avoir passé deux nuits au Liban, transféré les yeux bandés « de maison en maison toutes les six heures ».
« J'ai rencontré cinq à six Libanais dans cette prison », ajoute-t-il. Autre Libanais libéré dès jeudi, le jeune Malek Ghazi était lui porté disparu depuis octobre 2025, alors qu'il était sorti, selon sa famille, faire du sport près de leur village d'Aïn Aata (sud-est).
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait affirmé jeudi qu'« à l'issue de leur interrogatoire, il est apparu qu'il s'agissait de citoyens (...) qui n'avaient pas participé à des activités terroristes ». Le président libanais Joseph Aoun a remercié dans un communiqué les États-Unis et le CICR, et affirmé que cette libération « confirmait la pertinence de la position » du Liban engagé avec Israël dans les négociations, rejetées par le Hezbollah.
Dépouilles de Juifs libanais : un dossier sensible
Les États-Unis ont salué jeudi « le gouvernement d'Israël et le gouvernement du Liban pour avoir fait preuve de bonne foi à travers ces premières étapes », exprimant l'espoir que cela serve « de base à des discussions élargies sur d'autres questions civiles ». Les deux pays doivent tenir une nouvelle session de négociations en septembre, à une date encore inconnue.
Le Liban et Israël ont signé un accord-cadre le 26 juin prévoyant que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, en commençant par des « zones pilotes » dont se retirerait l'armée israélienne. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant dès le mars des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, qui ont provoqué des frappes israéliennes massives en retour.
Selon le bureau du Premier ministre israélien, l'annonce jeudi « fait suite aux efforts déployés par Israël et le Liban pour localiser et rapatrier les dépouilles des dirigeants de la communauté juive qui avaient été enlevés et tués au Liban » entre 1984 et 1986. Douze Juifs libanais, dont le chef de cette communauté, avaient été enlevés alors que des groupes clandestins accusés d'être liés au Hezbollah kidnappaient des Occidentaux. La plupart ont été exécutés.
Quelles leçons pour le Sénégal et l'Afrique ?
Cette libération, bien que limitée, démontre que la diplomatie et le dialogue peuvent prévaloir sur la violence. Pour le Sénégal, qui a toujours prôné la résolution pacifique des conflits et le respect du droit international, cet épisode est un rappel de l'importance de la médiation et de la coopération entre nations. La position du Liban, engagé dans des négociations malgré les pressions du Hezbollah, est un exemple de courage politique que les pays africains, confrontés à des défis sécuritaires, peuvent méditer.
Alors que le monde observe ces avancées, il est crucial de rester vigilant. La paix au Moyen-Orient est fragile, et chaque geste de bonne volonté doit être encouragé. Le Sénégal, par sa tradition diplomatique et son engagement pour la paix, a un rôle à jouer pour soutenir ces initiatives et défendre les droits des peuples opprimés.
FAQ : Questions fréquentes sur la libération des otages au Liban
Qui sont les personnes libérées par Israël ?
Il s'agit de trois Libanais et deux Syriens, dont un civil nommé Hussein Ayache, enlevé en juin, et un jeune homme, Malek Ghazi, disparu depuis octobre 2025. Israël a reconnu qu'il s'agissait de citoyens n'ayant pas participé à des activités terroristes.
Quel est le rôle du CICR dans cette opération ?
Le CICR a facilité le transfert des personnes libérées vers le Liban, à la demande des parties concernées. L'organisation a joué un rôle de médiateur neutre pour garantir la sécurité et la dignité des personnes relâchées.
Quelles sont les prochaines étapes des négociations entre le Liban et Israël ?
Une nouvelle session de négociations est prévue en septembre, à une date encore inconnue. Les États-Unis espèrent que ces premières étapes serviront de base à des discussions élargies sur d'autres questions civiles, notamment le rapatriement des dépouilles des Juifs libanais enlevés et tués entre 1984 et 1986.
