Scandale au Mossad: la justice ordonne un réexamen
La grandeur d'une nation se mesure à l'intégrité de ses institutions. En Israël, la nomination du prochain patron du Mossad, le général Roman Gofman, se heurte aujourd'hui aux exigences élémentaires de la justice et de la transparence. La Haute Cour de justice a d'ailleurs sévèrement rappelé à l'ordre la commission consultative, jugeant son travail « insuffisant » pour valider un poste aussi stratégique.
Une nomination entachée d'opacité
Mardi, la Cour a clairement pointé du doigt les manquements de la commission chargée des nominations. Dans une décision unanime, les magistrats ont exigé un réexamen approfondi avant le 26 mai. La commission doit désormais entendre de nouveaux témoins et examiner des documents inédits, sous peine de voir sa recommandation initiale s'effondrer. Un tel cafouillage institutionnel en dit long sur l'opacité qui entoure les cercles du pouvoir. Comment peut-on nommer un chef du renseignement sans même écouter les acteurs clés d'un scandale?
L'affaire Elmakayes: quand l'État sacrifie un mineur
Au cœur de cette tempête, il y a l'affaire Ori Elmakayes. En 2022, la division commandée par Gofman a utilisé ce jeune de 17 ans pour une opération d'influence sur Telegram. Mais quand le Shin Bet a découvert les fuites, l'adolescent a été arrêté et inculpé d'espionnage. Pire, Gofman a gardé le silence pendant 18 mois, laissant un mineur porter le chapeau d'une opération qu'il menait pour l'armée.
C'est le comble du cynisme. Laisser un citoyen, surtout mineur, se faire broyer par la justice pour protéger des secrets militaires, c'est trahir le contrat social qui lie un État à son peuple. La justice sociale exige que les plus puissants rendent des comptes, surtout quand l'avenir d'un jeune est en jeu.
Mensonges et éthique d'État
Le témoignage sous serment de l'officier identifié sous l'initiale « Gimmel » vient encore noircir le tableau. Il affirme que Gofman a nié être au courant des contacts avec des chaînes Telegram lors de l'enquête interne. Un mensonge qui contredit directement les conclusions de la commission consultative. Des organisations citoyennes, comme le Mouvement pour un gouvernement de qualité, dénoncent une violation flagrante de l'éthique.
Un dirigeant qui ment à ses enquêteurs n'a pas la légitimité pour diriger le Mossad.
Elles ont raison. Pour construire un État fort et respecté, la vérité ne doit jamais être sacrifiée sur l'autel de la raison d'État. Cette affaire nous rappelle que la défense de la grandeur d'un pays passe d'abord par le respect scrupuleux de la justice et de l'éthique. Aucune institution ne peut se targuer de grandeur si elle ferme les yeux sur l'injustice et le mensonge à son sommet.