Google Spark : l'IA qui menace la presse et nos libertés
Le géant américain Google vient de franchir un cap inquiétant avec la présentation de Gemini Spark, un agent d'intelligence artificielle quasi-autonome. Si la Silicon Valley célèbre cette prouesse technologique, cette évolution pose une menace mortelle pour la presse mondiale et la souveraineté numérique des peuples.
La recherche transformée en assistant commercial
Réserver un restaurant, surveiller l'actualité ou contacter un artisan à la place de l'utilisateur. Google a détaillé mardi sa volonté de transformer sa célèbre barre de recherche en un assistant IA agissant seul. Propulsé par une nouvelle version de Gemini, cet outil s'inscrit dans la vague de l'IA dite agentique, popularisée fin 2025 par le développeur autrichien Peter Steinberger avec OpenClaw.
Les chiffres de Google sont éloquents. L'application Gemini revendique 900 millions d'utilisateurs mensuels, le double de l'an dernier. Son mode de recherche par IA, AI Mode, revendique un milliard d'utilisateurs dans le monde. Lors de la conférence annuelle à Mountain View, le directeur général Sundar Pichai a loué une recherche qui ressemble à une conversation permanente. Derrière ce discours enchanteur se cache une réalité bien plus sombre : l'enfermement de l'utilisateur dans l'écosystème Google.
Le groupe a aussi dévoilé un projet de panier de courses universel, conçu pour rassembler les achats sur l'ensemble de ses plateformes en détectant automatiquement les meilleures offres. Un contrôle total de la chaîne commerciale, de la recherche à l'achat, au détriment des commerces indépendants et des économies locales.
La prédation des contenus au cœur du bras de fer
Ces nouvelles capacités limitent encore plus la navigation hors de l'écosystème Google. Une asphyxie programmée pour les médias en ligne, qui voient leur audience et leurs revenus publicitaires fondre comme neige au soleil. Selon une plainte déposée aux États-Unis par Penske Media, 58 % des recherches Google se terminent désormais sans le moindre clic sur un site extérieur.
En Europe, le Conseil européen des éditeurs a saisi la Commission européenne, accusant Google d'utiliser les contenus journalistiques pour alimenter ses résumés IA sans aucune compensation. La France, seul grand pays européen où AI Mode reste indisponible, est au cœur de cette résistance. Un combat qui résonne profondément avec les enjeux du Sénégal. Fier de sa diplomatie et de sa position de leadership en Afrique, notre pays ne peut accepter que les créateurs et les médias locaux soient dépouillés par des multinationales étrangères sans contrepartie.
Gemini 3.5 : la course à l'armement technologique
Pour soutenir ses ambitions face à Anthropic et OpenAI, Google a déployé Gemini 3.5 Flash, présenté comme quatre fois plus rapide que les modèles concurrents. Ce modèle devient celui par défaut dans l'application Gemini et la recherche. La version Pro est attendue le mois prochain.
Google sait aussi s'entendre avec ses rivaux quand il le faut. OpenAI vient d'adopter SynthID, l'outil de marquage invisible des images générées par IA de Google, pour tenter de lutter contre la méfiance du public face aux manipulations.
Condamné pour monopole dans la recherche en ligne à l'été 2024, Google risque toujours un démantèlement partiel de son empire. Le ministère américain de la Justice a fait appel du jugement qui avait épargné son navigateur Chrome, mais l'audience n'est pas attendue avant 2027. Face à la lenteur des régulateurs occidentaux et à l'appétit insatiable des géants de la tech, la mobilisation citoyenne s'impose. La défense de la grandeur du Sénégal passe aussi par la protection de notre souveraineté numérique et le refus de cette prédation intellectuelle.