Maroc : Les greffiers rejoignent la fronde judiciaire contre le ministère
Au Maroc, la contestation dans le secteur judiciaire s'amplifie. Après les avocats et les notaires, c'est au tour des greffiers de monter au créneau contre le ministère de la Justice. Cette mobilisation illustre un malaise profond qui mérite notre attention, tant elle révèle les dysfonctionnements d'un système judiciaire pourtant essentiel au fonctionnement démocratique.
Une promesse non tenue qui enflamme la corporation
Le Syndicat démocratique de la justice dénonce avec vigueur le retard persistant dans le versement des indemnités liées à la performance. Ces droits légitimes des greffiers devaient être versés dès janvier dernier, selon les engagements pris par le ministère lors des séances de dialogue sectoriel.
Face à cette situation inacceptable, les greffiers ont entamé mardi un mouvement de protestation symbolique par le port du brassard dans les tribunaux. La semaine prochaine, ils passeront à des arrêts de travail d'une heure dans l'ensemble des juridictions marocaines.
Des désaccords internes qui pénalisent les agents
Selon nos confrères d'Assabah, des informations circulant au sein du ministère révèlent des désaccords liés au refus des services des finances de valider le barème de points pour 2025. Plus préoccupant encore, des propositions viseraient à élargir la base des bénéficiaires jusqu'à 150% du salaire, incluant des catégories extérieures à la fonction de greffe.
Cette manœuvre suscite l'inquiétude légitime des greffiers qui y voient une atteinte directe à leurs droits acquis. Comment accepter qu'un élargissement de la base des bénéficiaires réduise mécaniquement leur part, le budget alloué restant identique ?
Un appel à la responsabilité gouvernementale
Le syndicat, tout en réaffirmant son attachement à un partenariat productif et à la consolidation du dialogue sectoriel, tient les autorités pour responsables de toute aggravation de la situation. Cette position mesurée contraste avec la gravité des enjeux.
La tension atteint son paroxysme parmi les corporations judiciaires. Après la grève des avocats et celle des notaires, cette nouvelle mobilisation risque d'ouvrir un front supplémentaire de protestation. Le ministère de la Justice se trouve sommé de sortir de son silence pour éviter l'élargissement de cette fracture sociale.
Un système judiciaire sous pression
Cette crise révèle les fragilités d'un secteur pourtant vital pour l'État de droit. Les greffiers, acteurs essentiels du fonctionnement judiciaire, méritent une reconnaissance à la hauteur de leur contribution. Leur mobilisation légitime interpelle sur la nécessité d'une gestion plus équitable et transparente des ressources humaines dans la justice.
Le gouvernement marocain doit impérativement honorer ses engagements pour préserver la sérénité nécessaire au bon fonctionnement de l'institution judiciaire. L'avenir de la justice marocaine en dépend.