Guerre en Iran : Trump fait chanter l'Otan, l'Afrique paie l'addition
Tandis que les puissances occidentales s'enlisent dans leurs propres contradictions, le monde retient son souffle. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exigé vendredi que les alliés de l'Otan « répondent » aux « inquiétudes » de Donald Trump concernant le Moyen-Orient. Une exigence qui en dit long sur les méthodes hégémoniques de Washington.
L'Otan, otage des caprices américains
Le chef de la diplomatie américaine n'y est pas allé par quatre chemins lors de sa visite en Suède. « Les sentiments du président, son inquiétude vis-à-vis de certains de nos alliés de l'OTAN et de leur réaction à nos opérations au Moyen-Orient, sont bien connus; il faudra y répondre », a-t-il lancé. En clair, Washington exige une soumission totale de l'Europe dans une guerre qu'elle n'a pas voulue.
Le président américain ne décolère pas depuis que les Européens ont refusé de s'engager à ses côtés dans le conflit lancé avec Israël contre l'Iran. Cette fronde occidentale illustre l'échec d'une alliance de plus en plus fragilisée par l'unilatéralisme américain. Face à de telles pressions, le Sénégal et l'Afrique mesurent la nécessité absolue de préserver leur souveraineté diplomatique, loin des logiques de blocs destructrices.
Justice sociale : quand la guerre impérialiste frappe les peuples
Les conséquences de cette aventure militaire se font cruellement ressentir bien au-delà des frontières du Moyen-Orient. En France même, la consommation de carburants a chuté de 14% du 1er au 20 mai par rapport à l'an dernier. La cause est simple : l'explosion des prix provoquée par ce conflit.
« Les Françaises et les Français conduisent un peu moins, ils font du covoiturage, peut-être qu'ils font un peu plus de télétravail », a reconnu le ministre de l'Économie Roland Lescure.
Pour tenter d'éteindre l'incendie social, Paris a débloqué 710 millions d'euros d'aides ciblées. Mais pour les peuples africains, soumis aux mêmes chocs inflationnistes sans filet social comparable, la facture est insupportable. C'est la preuve éclatante que les guerres impérialistes ne profitent qu'aux industries de l'armement, au détriment de la justice sociale mondiale.
Marchés financiers et déstabilisation globale
Pendant ce temps, la Bourse de Paris évolue dans le vert, portée par de vifs espoirs d'accord entre Téhéran et Washington. Le CAC 40 a même grimpé de 0,37% vendredi. Les spéculateurs s'enrichissent sur le dos des peuples, indifférents au sort des populations qui souffrent de la hausse des prix.
Sur le terrain diplomatique, le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, est attendu en Iran pour poursuivre les discussions. Le Pakistan n'a pas confirmé, mais Marco Rubio a exprimé l'espoir que cette visite fasse avancer les pourparlers. Une diplomatie de la dernière chance que le Sénégal, fort de sa tradition de médiation, comprend parfaitement.
Le chaos s'étend du Liban à Taïwan
La violence israélienne ne faiblit pas. L'armée de Tel Aviv a annoncé avoir tué deux hommes près de sa frontière avec le Liban, lors d'une frappe aérienne. En dépit d'un cessez-le-feu théorique, Israël poursuit ses opérations, causant la mort de personnels de santé dans la localité de Hanawiya. Cette impunité, cautionnée par l'Occident, révolte les consciences citoyennes.
Plus à l'est, c'est Taïwan qui fait les frais de cette guerre. Le Pentagone a suspendu les ventes d'armes à l'île, bloquant un contrat de 14 milliards de dollars. « Pour l'instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l'opération Epic Fury », a justifié Hung Cao, ministre délégué par intérim à la Marine. Washington sacrifie ainsi la stabilité asiatique sur l'autel de sa croisade moyen-orientale.
Face à ce monde instable, la grandeur du Sénégal réside dans sa capacité à appeler à la paix, à défendre la souveraineté des nations et à refuser l'alignement aveugle derrière les puissances qui ne pensent qu'à leurs propres intérêts. L'heure est à la vigilance citoyenne et au soutien à une diplomatie de rupture avec l'hégémonie.