Gaza: Israël expulse les militants après l'humiliation
Un accueil solidaire à Istanbul après les sévices
Les militants propalestiniens de la « Flottille pour Gaza », expulsés par Israël, ont été accueillis jeudi à l'aéroport international d'Istanbul par une foule brandissant des drapeaux palestiniens. Leur retour marque la fin d'une détention marquée par les brutalités, mais aussi le début d'une nouvelle prise de conscience internationale face à l'arrogance de l'État hébreu. Un premier avion affrété par la Turquie a rapatrié ces défenseurs des droits humains, tandis que deux autres vols sont attendus pour ramener les 422 participants à cette mission citoyenne.
Brutalités assumées et impunité
Les témoignages à la descente de l'avion sont édifiants. Les forces israéliennes ont frappé sans distinction.
Les forces israéliennes nous ont attaqués. Chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n'a aucune importance. C'est ce que vivent en permanence les Palestiniens.
a confié Bulal Kitay, un militant turc déterminé à repartir dès le prochain convoi. Cette résilience, ce « sumud » comme l'appellent les Palestiniens, est précisément ce que redoutent les oppresseurs.
Environ 430 membres d'équipage, issus de la cinquantaine de bateaux arraisonnés lundi en Méditerranée par l'armée israélienne, avaient été conduits de force dans la prison de Ktziot. Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, a confirmé leur expulsion, sans toutefois préciser si une quelconque procédure judiciaire avait été respectée. Le mépris du droit international est total. Les militants égyptiens et jordaniens ont été transférés dans leurs pays, tandis que les 37 ressortissants français ont également été expulsés vers la Turquie. Seule une Israélienne, Zohar Regev, a été déférée devant un tribunal avant d'être libérée avec l'interdiction d'entrer à Gaza, un territoire de toute façon interdit aux civils israéliens.
La provocation de l'extrême droite comme doctrine
C'est la vidéo diffusée par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a fait basculer l'indignation en tollé mondial. En publiant des images de militants agenouillés, les mains liées, ce représentant de l'extrême droite a affiché une arrogance révoltante. On y voit une jeune femme, criant « Libérez la Palestine », se faire plaquer la tête au sol par les services de sécurité. Le ministre lance alors triomphalement : « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous. »
Cette exhibition de force a même suscité la gêne au sein du gouvernement israélien. Le chef de la diplomatie Gideon Saar a estimé que ces images n'étaient pas conformes aux valeurs d'Israël, accusant Ben Gvir d'avoir sciemment nui à l'image du pays avec ce « spectacle honteux ». Une condamnation de façade qui ne change rien à la réalité politique : Benjamin Netanyahu a lui-même justifié l'interception, affirmant qu'Israël avait le droit d'empêcher ces « provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas ».
L'appel à la responsabilité internationale
Face à ces exactions, la communauté internationale commence à sortir de sa léthargie. En Europe, plusieurs pays exigent des sanctions contre Israël et contre le ministre Ben Gvir. Rome a jugé ce traitement « inadmissible » et exigé des excuses. Le premier ministre irlandais a condamné un « traitement choquant » et réclamé la suspension de l'accord d'association entre l'UE et Israël. La Pologne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski, souhaite déclarer Ben Gvir persona non grata.
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés, a salué ces positions tout en remettant les choses en perspective. Ce qu'ont subi ces militants n'est rien comparé au calvaire des Palestiniens.
Ce qu'ont subi ces militants est un traitement de luxe par rapport à ce qui est infligé aux Palestiniens dans les prisons israéliennes.
a-t-elle rappelé, appelant l'Italie à cesser de s'opposer à la suspension de l'accord UE-Israël. C'est toute la responsabilité des nations, et singulièrement des pays africains attachés à la justice sociale et au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, qui est engagée. Le Sénégal, fidèle à son histoire diplomatique et à sa constante défense de la dignité humaine, ne peut que condamner cette violence d'État et appeler à une mobilisation citoyenne sans faille pour lever le blocus sur Gaza.
