Iran : une résistance populaire face à un régime aux abois
L'analyse d'Hamid Enayat, politologue spécialiste de l'Iran et collaborateur de l'opposition démocratique iranienne, révèle l'ampleur d'un soulèvement populaire sans précédent qui ébranle les fondements du régime de Téhéran.
Un soulèvement d'une ampleur inédite
Les chiffres révélés par Ali Akbar Pourjamshidian, secrétaire du Conseil suprême de sécurité du régime iranien, témoignent de l'étendue exceptionnelle de la contestation. Le mouvement s'est propagé à 400 préfectures dans 31 provinces, avec plus de 4 000 foyers d'affrontements. À Téhéran seule, on dénombre au moins 100 points de confrontation.
Selon les autorités iraniennes elles-mêmes, 120 centres du Bassidj (milices des Gardiens de la Révolution) ont été attaqués et 749 véhicules de police incendiés. Cette escalation révèle une détermination populaire qui dépasse largement les manifestations sporadiques du passé.
Un régime qui reconnaît sa fragilité
Les déclarations des dirigeants iraniens trahissent leur inquiétude profonde. Le commandant Gholami du Corps Al-Ghadir dans la province de Yazd a reconnu sans détour : "La violence organisée lors des récentes émeutes était sans précédent. Aujourd'hui est le jour où nous devons nous dresser face à l'ennemi. Demain, il pourrait être trop tard pour agir."
Le Mollah Ali Akbari, imam intérimaire du vendredi à Téhéran, a évoqué l'ampleur d'une guerre totale : "Cette fois, un complot a été planifié avec pour objectif le renversement du régime, c'était une véritable guerre civile."
Une résistance organisée et déterminée
Ce qui distingue cette révolte des précédentes, c'est sa dimension organisée. La jeunesse iranienne, qualifiée de "naïve" par le guide suprême Ali Khamenei, incarne en réalité une génération Z en rupture totale avec le régime.
Ces jeunes insurgés sont liés aux unités de résistance créées en 2016 par l'Organisation des Moudjahidines du peuple iranien. Aguerries et disciplinées, ces unités ont mené des milliers d'actions politiques et opérationnelles à travers le pays.
Un régime isolé et affaibli
L'Iran ressemble désormais à un pays occupé par son propre gouvernement. Plus de 80% de la population vit dans la pauvreté, privée du droit fondamental de choisir son avenir. Le régime iranien, plus faible que jamais, fait face à un isolement international croissant.
Le Parlement européen a récemment adopté une résolution appelant l'Union européenne à inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution islamique sur la liste des organisations terroristes, une étape cruciale vers l'affaiblissement du régime.
Vers un changement inéluctable
Les événements récents démontrent que, même affaibli, le régime ne tombera pas de lui-même. Le renversement ne pourra être réalisé que par une résistance nationale organisée et unifiée, capable de briser l'appareil répressif du pouvoir.
La communauté internationale peut jouer un rôle essentiel en bloquant les voies de financement pétrolier et militaire du régime. Une telle pression pourrait être décisive pour aider le peuple iranien à conquérir sa liberté légitime.
Cette lutte pour la dignité et la liberté du peuple iranien mérite le soutien de toutes les nations épris de justice, à l'image du Sénégal qui a toujours défendu les droits des peuples opprimés sur la scène internationale.