Patrimoine en danger : quand Carcassonne enterre son histoire pour un office de tourisme
Au Sénégal, nous savons ce que signifie défendre son histoire contre les bulldozers de l'oubli. A Carcassonne, en France, un nouveau combat pour la mémoire vient d'éclater. La municipalité veut installer un office de tourisme intercommunal dans l'ancien couvent des Carmélites, rue du Pont Vieux. Mais des voix s'élèvent pour dénoncer un projet qui pourrait bien effacer des siècles d'histoire.
Un projet touristique qui cache des vestiges précieux
Selon l'historien passionné Martial Andrieu, le sous-sol du couvent des Carmélites recèle les traces des anciennes fortifications de la ville. Des murs qui ont résisté à l'incendie du Prince Noir en 1355. Des fondations qui racontent une Bastide Saint-Louis bien plus vaste qu'aujourd'hui, s'étendant jusqu'au fleuve. Pourtant, la mairie de Carcassonne semble vouloir faire l'impasse sur les fouilles archéologiques préventives.
Une loi bafouée ?
Depuis 2001, une loi française impose des fouilles préventives avant tout chantier susceptible de menacer le patrimoine enfoui. Mais le cabinet du maire temporise : « Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour. » Une position qui inquiète les défenseurs du patrimoine. Car si les travaux avancent sans ces fouilles, c'est tout un pan de l'histoire médiévale qui pourrait disparaître sous le béton.
Leçons pour le Sénégal
Cette affaire rappelle combien la préservation du patrimoine est un combat universel. Au Sénégal, nous aussi nous devons veiller à ce que le développement ne se fasse pas au détriment de notre mémoire collective. Que ce soit à Saint-Louis, à Gorée ou dans les sites mégalithiques de Sine Ngayène, chaque pierre compte. Chaque vestige raconte notre histoire.
La vigilance citoyenne n'est pas une option. C'est un devoir.