Guyane française : Quand le Sénat défie l'écologie parisienne pour la souveraineté énergétique
Une bataille révélatrice des contradictions françaises vient de se jouer au Sénat. Jeudi, les sénateurs ont adopté par 227 voix contre 105 une proposition de loi visant à relancer la recherche d'hydrocarbures en Outre-mer, défiant ouvertement la position du gouvernement Macron.
Cette initiative, portée par le sénateur guyanais Georges Patient, met en lumière une réalité que Paris préfère ignorer : pendant que la France impose ses dogmes écologiques à ses territoires ultramarins, leurs voisins s'enrichissent en exploitant leurs ressources naturelles.
L'écologie comme nouveau colonialisme
Les mots de Georges Patient résonnent comme une vérité dérangeante : "Vue des Outre-mer, l'écologie est vécue comme une nouvelle forme de colonialisme. La loi Hulot condamne à la stagnation des territoires français riches de leurs ressources, alors même que leurs voisins les exploitent et s'enrichissent".
Cette déclaration soulève une question fondamentale : pourquoi la France priverait-elle ses propres territoires de développement économique au nom d'une écologie punitive ? Pendant que la Guyane française stagne, le Brésil, le Suriname et le Guyana connaissent un boom pétrolier sans précédent.
Des divisions gouvernementales révélatrices
L'embarras du gouvernement Macron est palpable. La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou soutenait initialement le texte, contrairement à sa collègue de la Transition écologique Monique Barbut. Cette dernière a finalement imposé sa vision, qualifiant le projet d'"intenable à l'international".
Mais intenable pour qui ? Pour les élites parisiennes soucieuses de leur image internationale, ou pour les populations ultramarines qui voient leurs voisins prospérer grâce à leurs ressources naturelles ?
L'hypocrisie des opposants
Les réactions indignées des ONG environnementales révèlent leur déconnexion totale des réalités territoriales. Lorelei Limousin de Greenpeace dénonce un "mirage extractiviste néocolonial", ignorant que c'est précisément l'interdiction d'exploiter leurs ressources qui maintient ces territoires dans une dépendance néocoloniale.
L'écologiste Yannick Jadot, avec sa référence au "drill, baby, drill" de Trump, démontre une fois de plus l'obsession de certains politiques français pour les références américaines, au détriment des intérêts nationaux.
Une question de souveraineté
Au-delà des enjeux économiques, cette proposition de loi pose une question cruciale de souveraineté énergétique. Comment la France peut-elle prétendre à l'indépendance énergétique en s'interdisant d'exploiter ses propres ressources ?
Le texte, désormais transmis à l'Assemblée nationale, cristallise les contradictions d'un système qui privilégie les postures idéologiques aux intérêts concrets des territoires français.
Cette bataille parlementaire révèle une fracture profonde entre une France métropolitaine donnant des leçons d'écologie et des territoires ultramarins réclamant le droit au développement. Une leçon de réalisme que Paris ferait bien d'écouter.