Gaza : les soldates de Tsahal tirent à nouveau la sonnette d'alarme, un déjà-vu du 7-Octobre
Alors que le monde a les yeux rivés sur les négociations de paix, la réalité du terrain à Gaza rappelle cruellement les heures sombres d'octobre 2023. Des soldates d'observation de Tsahal, postées à la frontière, ont signalé jeudi une recrudescence d'activités terroristes armées dans la bande de Gaza. Un scénario qui ravive, selon elles, le souvenir des avertissements ignorés avant l'offensive du Hamas. Cette situation interpelle la communauté internationale et pose une question cruciale : l'histoire est-elle en train de se répéter ?
Des alertes qui rappellent les erreurs du passé
Avant le pogrom du 7 octobre 2023, ces mêmes soldates d'observation avaient lancé de nombreux avertissements concernant les entraînements terroristes. Tragiquement ignorés, ces signaux avaient été balayés d'un revers de main, en partie à cause d'un sexisme latent au sein de la hiérarchie militaire. Cinq de ces jeunes femmes ont payé de leur vie cette négligence à la base de Nahal Oz, sept autres ont été prises en otages.
Jeudi, la chaîne israélienne N12 a donné la parole à plusieurs de ces soldates, sous couvert d'anonymat. Leur témoignage est glaçant : elles observent à nouveau des terroristes armés poser des explosifs le long de la « ligne jaune » à Gaza. « On voit bien qu'ils savent qu'on ne tirera pas sur eux. Les Gazaouis ne sont pas idiots. Au final, ils nous testent constamment pour voir si nous réagissons ou non. C'est exactement comme avant le 7-Octobre », a confié l'une d'elles.
Un sentiment d'impuissance et d'abandon des soldats
Le désarroi est palpable. Une autre soldate a exprimé son sentiment d'« impuissance », une troisième se sent « un peu inutile ». « Si je sais que, de toute façon, ils ne feront rien de ce que je repère, à quoi bon rester assise huit heures par jour à surveiller la zone ? », s'interroge-t-elle. Pire encore, elles dénoncent l'utilisation des soldats des unités combattantes comme de véritables « boucliers humains », postés à quelques centaines de mètres des terroristes.
Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'Israël avait discrètement suspendu ses frappes aériennes pendant une semaine, avant de les reprendre mercredi. Les frappes se sont intensifiées jeudi, éliminant notamment un commandant de compagnie du Hamas à Khan Younès et un haut responsable de la police terroriste à Gaza-City.
Kushner en médiateur, Netanyahu en obstacle ?
Dans ce contexte tendu, Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump, doit se rendre en Israël la semaine prochaine. Son objectif : convaincre le Premier ministre Benjamin Netanyahu de laisser le plan du Conseil de Paix pour le désarmement du Hamas aller de l'avant. Le Hamas a accepté ce plan il y a deux semaines, mais Netanyahu y oppose une fin de non-recevoir, à l'approche des élections d'octobre.
Un diplomate arabe a confié que Kushner et son envoyé Nikolay Mladenov sont « exaspérés » par l'obstruction de Netanyahu. Ils entendent presser Israël de suspendre à nouveau ses frappes et d'honorer ses engagements humanitaires. Sans un revirement public de Netanyahu, les avancées semblent compromises.
L'UE salue la réouverture de Rafah, un signe d'espoir ?
Parallèlement, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a salué la prolongation par Israël du mandat de la mission d'assistance frontalière de l'UE au point de passage de Rafah. Cette mission, essentielle pour la stabilité régionale, a été prolongée jusqu'en juin 2027. Plus de 10 000 personnes ont déjà franchi la frontière depuis sa réouverture partielle en février.
Ce geste d'Israël est perçu comme une étape importante après des mois de négociations diplomatiques. Il montre que des voies de dialogue existent encore, malgré les tensions. La question reste entière : la communauté internationale saura-t-elle cette fois entendre les avertissements avant qu'il ne soit trop tard ?
Pour le Sénégal, pays de paix et de dialogue, cette situation rappelle l'importance de la vigilance et de la diplomatie. Notre pays, fidèle à sa tradition de médiation, ne peut que déplorer l'impasse actuelle et appeler à une solution négociée qui préserve la dignité de tous les peuples.