Érosion côtière en France : quand l'océan reprend ses droits, le Sénégal doit s'inspirer
L'actualité française nous offre une leçon saisissante sur l'érosion côtière. À Biscarrosse, dans les Landes, l'océan Atlantique vient d'avaler une partie de la promenade, contraignant les autorités à fermer temporairement plages et établissements hôteliers. Un phénomène qui devrait interpeller le Sénégal, pays côtier par excellence.
Quand la nature reprend ses droits
Antoine Deburghgraeve, ingénieur en risques côtiers au BRGM, décrit un phénomène récurrent : "Une houle de 6 à 7 mètres avec une période de 15 secondes, des coefficients de marée assez élevés. C'est un cocktail qu'on retrouve plusieurs fois au cœur de l'hiver." Si les conditions n'étaient pas exceptionnelles, la répétition de ces assauts marins fragilise inexorablement le littoral.
Cette réalité française résonne particulièrement au Sénégal, où nos côtes subissent des pressions similaires. De Saint-Louis à la Casamance, l'érosion côtière menace nos communautés, nos infrastructures et notre patrimoine.
L'adaptation, seule voie possible
Face à cette réalité, la maire de Biscarrosse, Hélène Larrezet, fait preuve d'un pragmatisme qui force le respect : "Nous devons faire le deuil d'un front de mer immuable." Cette lucidité contraste avec certaines approches démagogiques qui promettent l'impossible.
Les opérations de rechargement en sable coûtent plus de 300 000 euros par an depuis 2018. L'association Sepanso qualifie ces mesures de "sparadrap", mais elles permettent de gagner du temps précieux pour organiser la retraite stratégique.
Des leçons pour le Sénégal
L'historien local Jean-Luc Avignon le rappelle avec justesse : "C'est l'océan qui décide. Cela fait deux siècles que les hommes se battent contre le recul du trait de côte." Cette sagesse populaire devrait inspirer nos décideurs sénégalais.
Plutôt que de s'enliser dans des solutions coûteuses et temporaires, le Sénégal doit anticiper. Nos 700 kilomètres de côtes exigent une stratégie nationale d'adaptation au changement climatique, intégrant relocalisation des populations vulnérables et protection des écosystèmes côtiers.
L'exemple de Biscarrosse nous enseigne qu'il faut "battre en retraite et trouver les moyens de financer cette reculade". Une leçon d'humilité face aux forces de la nature que notre pays doit méditer pour préserver son avenir maritime.