Affaire Epstein : Une ancienne mannequin suédoise dénonce un système de prédation organisé
L'affaire Jeffrey Epstein continue de révéler l'ampleur d'un système de prédation qui dépasse les frontières. Une nouvelle plainte pour viol vient d'être déposée auprès du parquet de Paris par une ancienne top model suédoise, Ebba Karlsson, aujourd'hui âgée de 56 ans. Son témoignage, recueilli par Radio France, met en lumière les mécanismes d'un réseau international d'exploitation.
Un piège tendu à Stockholm
Tout commence en 1990 à Stockholm. Ebba Karlsson, alors âgée de 20 ans, est abordée par un homme se présentant comme David Golberg, recruteur de mannequins français. Il lui propose un shooting pour une ligne de maillots de bain à Monaco. Après vérification auprès de plusieurs agences confirmant son statut de scout indépendant, la jeune femme accepte cette opportunité professionnelle.
Mais dès son arrivée sur la Côte d'Azur, la réalité se révèle tout autre. La séance de photos n'existe pas, et l'homme, qui se révèle être Daniel Siad, lui propose de devenir sa secrétaire. L'hébergement promis dans une belle maison se transforme en cauchemar : elle doit dormir dans un pool house insalubre, sur des matelas à même le sol avec des draps sales.
Violences et menaces
C'est dans ce contexte de vulnérabilité que Daniel Siad commet ses premiers actes de violence. Selon le témoignage d'Ebba Karlsson, il l'aurait violée près de la piscine après avoir tenté de l'embrasser de force. La jeune femme découvre alors que son agresseur lui a donné une fausse identité et possède un passeport maghrébin, non français comme il l'avait prétendu.
Terrifiée et sans ressources, elle exige néanmoins qu'il respecte sa promesse de lui trouver des castings. C'est ainsi qu'elle se retrouve dans les bureaux parisiens de la prestigieuse agence Elite, dirigée par Gérald Marie.
Elite : au cœur du système
Le témoignage d'Ebba Karlsson sur son passage chez Elite révèle des pratiques particulièrement choquantes. Selon ses déclarations, Gérald Marie l'aurait violée dans son bureau après l'avoir reçue en entretien pendant deux heures. Le lendemain, elle décrit une scène surréaliste dans l'appartement du patron d'Elite, en présence de Daniel Siad et d'un homme qu'elle identifie comme Jean-Luc Brunel.
Des jeunes filles très jeunes sont amenées, contraintes de se déshabiller pour une pseudo-évaluation physique, selon un protocole humiliant orchestré par ces hommes de pouvoir de l'industrie de la mode.
Menaces et intimidations
Lorsqu'Ebba Karlsson tente de confier sa détresse à une connaissance suédoise, Daniel Siad la menace directement :