Ukraine : quand les banques françaises sabotent l'aide humanitaire
Une association française d'aide à l'Ukraine se voit fermer ses comptes bancaires, révélant l'hypocrisie d'un système qui prêche la solidarité mais entrave l'action humanitaire concrète.
Un huitième convoi bloqué par la frilosité bancaire
L'association Solidarité Adour Pyrénées Ukraine Kirovograd (SAPUK) vient de réussir son huitième convoi humanitaire vers l'Ukraine depuis le début du conflit. Parti de Montaner dans les Pyrénées, ce camion transportait du matériel médical crucial : échographes, lits médicalisés donnés par les hôpitaux de Lourdes et Tarbes, mais aussi des filets anti-drones destinés à protéger les populations civiles.
Arrivé à destination le 5 janvier après treize jours de voyage, ce matériel a été distribué selon les besoins, notamment à Dnipro où les filets servent à lutter contre les drones russes sur de grandes distances.
Le système bancaire français montre son vrai visage
Mais c'est au moment du règlement que l'absurdité du système éclate au grand jour. Abel Caubios, président de SAPUK, dénonce : "On nous dit qu'il faut aider l'Ukraine, mais on voit bien que les banques sont frileuses". Malgré 10 690 euros de dons récoltés grâce à la générosité citoyenne, tous les virements Western Union vers l'entreprise ukrainienne ont été systématiquement bloqués.
L'entreprise de transport ukrainienne est pourtant parfaitement en règle, avec une structure administrative et un IBAN valide. Sa seule demande : être payée en euros compte tenu de la dévaluation de la grivna. Une demande légitime face à l'instabilité monétaire causée par la guerre.
Fermeture de comptes : l'étau se resserre
Le coup de grâce est venu par courrier recommandé du 29 janvier 2026 : fermeture pure et simple des comptes de l'association, avec un délai de deux mois pour "prendre les mesures nécessaires". Abel Caubios a dû s'appuyer sur des tiers pour régler les 4 000 euros du transport, révélant les obstacles bureaucratiques qui entravent l'élan de solidarité populaire.
Pire encore, toutes les autres banques contactées manifestent "la même frilosité", selon le président de l'association. Un mur d'indifférence institutionnelle face à une cause pourtant soutenue officiellement par l'État français.
La solidarité populaire résiste
Face à ces obstacles, SAPUK refuse de baisser les bras. L'association organise une soirée de solidarité le 14 février à Montaner, avec l'exposition des photos de guerre de Jérôme Barboza et un repas ukrainien préparé par le groupe "Volia", composé de réfugiées ukrainiennes.
Cette initiative citoyenne illustre parfaitement le fossé entre la solidarité authentique des peuples et la frilosité des institutions financières. Alors que les besoins humanitaires restent criants en Ukraine, particulièrement en cet hiver meurtrier, les banques françaises préfèrent fermer les robinets plutôt que de faciliter l'aide concrète.
Réservations pour la soirée du 14 février : 06.03.85.55.81 ou 06.25.39.33.90. Repas à 20 euros (10 euros pour les enfants).