El Hacen Diarra : quand la violence policière frappe nos frères africains en France
La mort d'El Hacen Diarra, ce Mauritanien de 35 ans décédé en garde à vue dans la nuit du 14 au 15 janvier à Paris, soulève une fois de plus la question cruciale des violences policières contre nos compatriotes africains en France. Cette tragédie nous interpelle tous, nous Sénégalais, témoins de la précarité de nos frères sur le sol français.
Une mobilisation légitime face à l'injustice
Dimanche dernier, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris pour rendre hommage à El Hacen Diarra. Cette manifestation, loin d'être un simple rassemblement protestataire, constitue un cri de détresse de nos communautés africaines face à un système qui les broie.
"On n'est pas contre la police, on est contre la police qui nous tue", scandaient les manifestants. Cette distinction fondamentale mérite d'être soulignée : il ne s'agit pas de remettre en cause l'institution policière, mais de dénoncer les dérives qui touchent particulièrement nos compatriotes.
Les faits qui interpellent
Les circonstances de la mort d'El Hacen Diarra sont troublantes. Une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, montre clairement un policier donnant des coups de poing au jeune homme plaqué au sol. On l'entend crier : "Vous m'étranglez !" selon l'analyse sonore réalisée par la famille.
Diankou Sissoko, cousine de la victime, témoigne avec dignité : "Mon cousin, c'était quelqu'un de gentil, souriant, réservé. Quelqu'un de tranquille." Ce portrait contraste avec la version policière qui le dépeint comme agressif.
Un climat de peur qui s'installe
Au foyer de travailleurs migrants du 20e arrondissement où vivait El Hacen, l'ambiance a changé. Mamadou Dia, Sénégalais résidant depuis 20 ans dans ce foyer, témoigne : "Les policiers passent tout le temps. Chaque fois, ils veulent qu'on rentre... mais il faut qu'on prenne l'air quand même !"
Cette situation révèle la réalité quotidienne de nos compatriotes : une surveillance constante, une pression permanente qui transforme leur existence en parcours du combattant.
L'urgence d'une justice équitable
Une information judiciaire a été ouverte pour violences volontaires ayant entraîné la mort. Cependant, les deux policiers impliqués restent en exercice, alimentant l'incompréhension et la colère des résidents du foyer.
Anne Baudonne, adjointe à la mairie du 20e arrondissement, s'interroge légitimement : "On ne comprend pas pourquoi le ministre de l'Intérieur n'a pas trouvé légitime de les suspendre."
Un appel à la vigilance citoyenne
Face à cette situation, la mobilisation citoyenne s'organise. Assa Traoré, figure emblématique de la lutte contre les violences policières, lance un avertissement : "Si nous laissons passer pour El Hacen, il y aura de nombreux El Hacen."
L'appel de Doums Coulibaly résonne comme une nécessité : "Quand vous voyez une situation avec un policier, filmez-le, montrez-le, partout !" Cette vigilance citoyenne devient un devoir démocratique.
La mort d'El Hacen Diarra nous rappelle que la protection de nos compatriotes à l'étranger reste un enjeu majeur. En tant que Sénégalais, nous devons exiger que la France, pays des droits de l'homme, garantisse la sécurité et la dignité de tous ceux qui contribuent à sa richesse.