À 100 ans, Georgette Coltée incarne la résilience des anciens face aux défis du grand âge
Dans sa modeste maison du quartier de la Pierre Heuzé à Caen, Georgette Coltée s'apprête à célébrer ses cent années d'existence. Un siècle de vie qui interpelle sur la condition des personnes âgées en France et questionne nos modèles de prise en charge du grand âge.
Une longévité qui défie les statistiques
Née en 1926 rue Basse à Caen, cette centenaire n'a jamais quitté sa ville natale, hormis quelques années d'après-guerre à Mondeville. "Je peux vivre encore comme ça des années !" lance-t-elle avec une détermination qui force le respect. Son refus catégorique des établissements spécialisés soulève des questions essentielles sur l'autonomie des seniors.
Sa recette ? Un caractère bien trempé et une activité constante. Malgré un déambulateur, Georgette continue de tricoter pour ses six petits-enfants et six arrière-petits-enfants. Cette obstination à rester active, même après une double fracture du fémur en mai 2025, illustre parfaitement cette génération qui a traversé les épreuves sans se plaindre.
Témoin d'un siècle d'évolutions
Le parcours de Georgette reflète celui de nombreuses femmes de sa génération. Travailleuse dès 14 ans pendant l'Occupation, vendeuse en mercerie rue Saint-Jean, elle a ensuite consacré sa vie à sa famille après son mariage à 22 ans avec Gilbert, peintre en bâtiment.
Son témoignage sur la Seconde Guerre mondiale reste saisissant : "Je faisais ma vie, comme d'habitude", dit-elle simplement, évoquant les nuits passées dans les abris lors du Débarquement. Cette pudeur face aux épreuves caractérise toute une génération qui a reconstruit la France.
Un modèle de vieillissement à domicile
Veuve depuis près de 30 ans, Georgette bénéficie d'un réseau de soutien exemplaire : association E.T.R.E., infirmière, CCAS de Caen, famille proche. Ce maillage social permet son maintien à domicile, alternative précieuse aux établissements spécialisés souvent saturés.
Sa longévité s'explique aussi par ses origines bretonnes, sa pratique de la natation jusqu'à 85 ans et ses déplacements quotidiens à pied. "Il faut toujours faire quelque chose", résume-t-elle, philosophie de vie qui interroge notre rapport contemporain au vieillissement.
L'exemple de Georgette Coltée nous rappelle que vieillir dignement reste possible avec les bons accompagnements. Son centenaire, célébré ce samedi en famille, honore une génération qui mérite notre reconnaissance et notre soutien.